Standing Ovation Academy

Reconnaître les troubles physiques avant qu’ils ne soient signalés

Ce que vous voyez en tant que responsable, quand vous savez à quoi être attentif.

Temps de lecture : 6 minutes Saffira Adam
Hall de production avec des postes où l’on travaille longtemps debout

Vous demandez en fin de service comment cela s’est passé. « Ça va. » Et ce n’est pas un mensonge. À cet instant, la personne trouve vraiment que ça va.

C’est là que se situe le problème. La charge physique ne se signale pas d’elle-même. Elle progresse lentement jusqu’à faire partie du métier, et quand quelqu’un finit par en parler, cela dure généralement depuis des années.

Pourquoi personne ne le signale

Il y a trois raisons, et la troisième n’est presque jamais écrite nulle part.

La première est la solidarité. Celui qui se plaint de son dos reporte du travail sur quelqu’un d’autre. Dans une équipe déjà tendue, on ne le fait pas à la légère.

La deuxième est l’accoutumance. Des jambes fatiguées après un service font partie du métier, tout comme se lever tôt.

La troisième est la plus honnête : signaler paraît risqué. Celui qui dit que le travail lourd est lourd craint d’être moins souvent planifié, d’être déplacé vers des tâches plus légères ou d’être catalogué comme quelqu’un qui ne tient plus. Tant que cette crainte existe, la question « avez-vous des douleurs ? » reçoit toujours la même réponse.

Ce que vous pouvez voir

Les gens cachent leurs douleurs, mais pas leur comportement. Ces signaux sont visibles sans que vous ayez besoin de demander quoi que ce soit :

  • La personne change de jambe d’appui de plus en plus souvent, ou s’appuie de temps en temps contre l’établi.
  • Le mouvement d’étirement en se redressant après une position penchée, à chaque fois.
  • Les pauses se fragmentent en courts moments d’éloignement, ou sont prises plus longues que nécessaire.
  • Le rythme baisse dans la dernière heure du service, alors que le travail ne change pas.
  • La personne évite systématiquement un poste. Ou réclame au contraire toujours celui où elle peut s’asseoir.
  • Un soupir en se baissant. Ce n’est pas de la mauvaise humeur, c’est une réaction respiratoire à la charge.

Aucun de ces signaux ne signifie quelque chose en soi. Chez la même personne, sur quelques semaines, ensemble ils signifient bel et bien quelque chose.

Schéma en cinq étapes : pas de troubles, fatigue, premiers signaux, troubles récurrents, arrêt de travail
Du signal à l’arrêt — la plupart des gens se situent entre la phase 2 et la phase 3.

Les chiffres disent qu’ils le savent depuis longtemps

Parmi tous les salariés aux Pays-Bas, 60 % souffrent de troubles musculosquelettiques (TNO et CBS, NEA 2024). Dans cette même enquête, 29 % des personnes exerçant un travail physiquement lourd indiquent que des mesures supplémentaires sont nécessaires.

Lisez ces deux chiffres côte à côte. Près d’un tiers de vos collaborateurs estiment déjà eux-mêmes que quelque chose doit changer. Ils ne vous l’ont simplement pas dit.

Comment poser la question

« Avez-vous des douleurs ? » vous vaudra un non. C’est une question fermée sur une notion médicale, et personne n’aime se voir en patient. Ces trois questions fonctionnent mieux :

  • « Où sentez-vous votre travail en fin de journée ? » Cela porte sur une sensation, pas sur une maladie. On obtient presque toujours une réponse.
  • « Quelle tâche céderiez-vous en premier si vous le pouviez ? » Cela révèle le poste le plus lourd sans que personne n’ait à se plaindre.
  • « Faites-vous encore chez vous ce que vous faisiez il y a un an ? » La plus forte des trois. Qui a renoncé à son sport, son jardin ou son loisir est plus avancé que ne le montrent les chiffres d’absence.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

N’associez pas cette conversation au suivi des absences ni à un entretien d’évaluation. Dès qu’une réponse atterrit dans un dossier, la troisième raison de cet article est confirmée et plus personne ne signale quoi que ce soit.

Posez la question sur le terrain, en passant. Et faites-en ensuite quelque chose. Demander une fois sans rien en faire est pire que de ne pas demander.

Ce que l’on gagne à le voir plus tôt

Repérer tôt signifie que vous avez encore le choix. Adapter un planning, réaménager un poste, répartir les tâches autrement : ce sont des interventions peu coûteuses tant qu’il n’y a pas encore de trouble. Dès que quelqu’un se déclare malade, cela change. Il faut alors gérer un remplacement, le médecin du travail et un parcours de réinsertion — et le poste qui a causé le problème reste le même.

Où se situe Standing Ovation

Certains signaux renvoient à un poste que vous ne pouvez pas réaménager, parce que le travail se fait debout, tout simplement. Là, Standing Ovation reprend une partie du poids du corps grâce à un rail suspendu et un arceau de mobilité : un arceau muni d’une selle sur laquelle on s’appuie, sans rester bloqué au même endroit. Ce n’est pas une solution à un trouble, mais un moyen de réduire la charge avant que le trouble n’apparaisse.

À lire également

Sources

  • TNO en CBS, Nationale Enquête Arbeidsomstandigheden 2024; TNO-factsheet Fysieke arbeidsbelasting (2025)
  • Arboportaal, Fysieke belasting
Collaborateur préparant du matériel sur un établi réglable en s’appuyant sur la selle de l’arceau de mobilité
À un poste qui ne pouvait pas tourner : l’établi a été rehaussé, et la selle porte une partie du poids.
Voir comment ça marche

À propos de l’autrice

Saffira Adam rédige les articles de fond pour Standing Ovation. Elle traduit la recherche, les chiffres et l’expérience de terrain en textes dont les employeurs, les RH et les professionnels de la santé au travail peuvent se servir dès le lundi matin.

La selle Standing Ovation sur le tube courbé de l’arceau de mobilité

La solution

L’essentiel de Standing Ovation : une selle réglable en hauteur fixée à un tube courbé. Vous vous y asseyez, le système reprend une partie de votre poids, et vous continuez à vous déplacer librement — avec les deux mains libres.

Voir comment ça marche

Vous voyez ces signaux à un poste que vous ne pouvez pas réaménager ?

La question devient alors : comment réduire la charge sans retirer la liberté de mouvement. Cela se montre mieux que cela ne s’explique.